Parution prochaine de « à distance de souffle, l’air »

Le 1er janvier prochain paraîtra mon premier livre de poésie, à distance de souffle, l’air, aux Éditions du Petit Pois. Cette parution est pour moi une très grande joie !

Les 50 premiers exemplaires sont numérotés et signés ; un bon de commande a été mis en place dès à présent pour permettre à ceux d’entre vous qui le souhaitent de réserver un de ces exemplaires.

Une brève description du livre figure sur le bon ci-dessous, mais si vous voulez en savoir un peu plus vous pouvez consulter cet entretien sur le site des éditions.

 

à distance de souffle, l'air

 

Festival d’Avignon

rider-umsnjip-avignon-2014-tndJ’ai le plaisir de vous annoncer que la pièce oscillation ou interstice (pour flûte à bec et contre-ténor), composée par Luis Codera Puzo sur mon poème La porteuse de lance sera présente au Festival d’Avignon. C’est le duo UMS’nJIP qui l’interprètera, au Théâtre Notre-Dame.

Plus d’informations sont disponibles ici : http://avignon.umsnjip.ch/program.html

oscillation ou interstice

Voici une vidéo réalisée à partir de l’enregistrement en studio de oscillation ou interstice, pièce pour contre-ténor et flûte à bec, écrite par le compositeur Luis Codera Puzo sur mon poème La porteuse de lance, et interprétée ici par le duo Ums’n Jip.

Si vous l’écoutez, je vous conseille vivement d’utiliser des écouteurs ou un casque, car certains passages sont très subtils et ténus.

Bonne écoute !

Création de « Aproximación a lo indivisible », Ensemble intercontemporain, au Centquatre

P1060992Ce samedi 29 juin aura lieu au Centquatre à 19h30 la création de la pièce du compositeur Luis Codera Puzo Aproximación a lo indivisible, dans le cadre de l’Académie ManiFeste 2013.

Cette pièce pour voix et ensemble a été composée sur un texte de Spinoza, mon poème Cycle de l’air (et du sang), et un langage numérique inventé. Elle sera créée par l’Ensemble intercontemporain dirigé par Jean Deroyer, ainsi que par la soprano Valérie Philippin.

Voici la description de sa pièce par le compositeur :

Aproximación a lo indivisible, est fondée sur la relation entre la multiplicité et l’unité. Plusieurs textes en différentes langues, associés à un traitement de la voix distinct, présentent diverses visions de cette idée. Le premier texte, en latin, est un fragment d’une lettre datée de 1663, adressée par Spinoza à Lodewijk Meyer, et porte « sur la nature de l’infini ». Spinoza explique que la pensée accède à la véritable nature de l’infini en le concevant comme indivisible et unique, tandis que l’imagination le perçoit de manière multiple et discontinue. Le second texte se fonde sur le poème Cycle de l’air (et du sang) de la poète contemporaine Irène Gayraud, qui aborde la multiplicité comme un apprentissage symbolique. Le troisième est construit sur une série régressive de nombres premiers, codifiés en un langage numérique inventé sur une base tétradécimale.

Le concert est gratuit, et comprend plusieurs autres pièces, venez nombreux ! Le lien officiel et le programme complet sont ici.

Création de « oscillation ou interstice » à Barcelone

Mixtur BCN

Ce vendredi 26 avril 2013 aura lieu, dans le cadre du festival Mixtur de Barcelone, la création de oscillation ou interstice, œuvre pour contreténor et flûte à bec, écrite par le compositeur Luis Codera Puzo, sur ma suite de poèmes intitulée La porteuse de lance. Elle sera interprétée par le duo UMS ‘n JIP.

Rendez-vous à 19h à Fabra i Coats – Fàbrica de Creació à Barcelone. Le concert sera précédé, à 18h30, d’une table ronde.

Le programme complet du festival (25-27 avril) est disponible ici : http://mixturbcn.com/home/festival-2013/program/

Amis de Barcelone, j’espère avoir la joie de vous y voir !

Sigurður Pálsson, Poèmes des hommes et du sel

C’est depuis l’Islande que je voudrais vous parler de la poésie de Sigurður Pálsson, un poète, dramaturge et traducteur Islandais né en 1948, qui vécut longtemps en France, et dont je viens de découvrir la voix cristalline, à la fois limpide et complexe comme les facettes d’un prisme.

Son traducteur Régis Boyer, à l’orée de l’anthologie Poèmes des hommes et du sel publiée chez La Différence en 1993, nous avertit que Sigurður Pálsson est « parmi les plus intraduisibles », que « connaître l’Islandais, à la limite, ne sert pas tellement : il faut savoir de quelle manière, et pourquoi il tient tant à jouer avec la polysémie de son vocabulaire ou avec les équivoques de sa syntaxe ». De quoi éveiller une curiosité brûlante, et une interrogation légitime : que reste-t-il de ce travail sur le langage dans la traduction française ? Sans doute bien peu, mais qu’importe. Il suffit de lire quelques poèmes pour voir que la poésie de Sigurður Pálsson irradie au-delà de son langage d’origine : ses images, à la fois intemporelles et empreintes de modernité, frappent juste, sans fioritures, dans un dépouillement où perce parfois l’évocation de sa terre natale :

dans l’âpreté du vent matinal

je me tiens la tête entre les mains

ô si enfin venait la pluie

m’enserrant la tête

du chatouillement de mains disparates

ouvrait ma tête

pour que ma cervelle se hâle et s’aguerrisse

ouvrait ma tête à tous les mondes

comme un œuf de Pâques plein de proverbes

 Les poèmes offerts par ce volume me semblent presque tous, au-delà d’évocations tantôt épiques, tantôt quotidiennes et intimes, avoir pour noyau central un doute, voire une angoisse ontologique face au monde, ou plutôt face aux mondes, « à tous les mondes », comme s’il était impossible de choisir, de fixer le réel et encore moins le vrai. Le « Poème de la rue », dont voici la dernière strophe, ne dit pas, je crois, autre chose :

peu de choses me sont réalité

je me trouve là

le chant d’oiseaux non venus dans les oreilles ;

me regarde moi-même regardant la maison

j’ai le vague sentiment de me rappeler confusément

une fille dans le crépuscule dans cette maison

ses cheveux son dos ses épaules

Je n’en jurerais pas pourtant

cependant je sais qu’elle est partie

ou peut-être non venue je ne sais pas

Dans ce monde-là, les oiseaux non venus peuvent chanter, rien n’est certain, ni le souvenir, ni la présence, ni l’absence, aucun savoir sûr ne peut être enserré dans le poème si ce n’est le changement, l’instabilité, la multiplicité des interprétations du monde, de la nature-même de ce monde.

Mais, même si ce doute permanent se fait parfois menaçant, la poésie demeure un « chemin » que l’on peut emprunter et qui sauve, qui donne une manière d’être au monde, au coeur du faire du poème :

Un secours est promis

du poème de sa facture

de la facture des chemins de poésie

Le passage du monde par le chemin – parmi d’autres possibles – de la poésie, transforme, me semble-t-il, la multiplicité et le doute en ouvertures, en routes infinies où l’on peut à la fois savoir et ne pas savoir, où la perte se convertit en élan vers une existence dans laquelle poème et vie ne font plus qu’un :

Perdues les fermes et perdus les sentiers battus des vents

Mais le sentier du poème et de la saga est toujours ouvert et libre.

Sigurður Pálsson, Poèmes des hommes et du sel, choisis, traduits et présentés par Régis Boyer, Paris, La Différence, coll. « Orphée », 1993.

 Voir également : André Verder (éd.), Il pleut des étoiles dans notre lit. Cinq poètes du Grand Nord, choix de poèmes d’Inger Christensen, Pentti Holappa, Tomas Tranströmer, Jan Erik Vold et Sigurdur Pálsson, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2012.

Intervention sur Radio Aligre (poésie/musique)

Dans le cadre du festival Zeitkunst, je suis intervenue le lundi 28 novembre dans l’émission de musique contemporaine Dissonances animée par Bernard Girard sur Radio Aligre.

Le début de l’émission est consacré à deux autres artistes du festival ; mon intervention, qui porte sur le travail liant poésie et musique (collaboration avec Helena Winkelman et Luis Codera Puzo), commence un peu après la moitié du programme.

Voici le lien pour l’écouter : http://www.bernardgirard.com/Son/ParisBerlin128k.mp3