Parution de l’ouvrage « Les Révélations du rêve dans la littérature de langue espagnole »

L’ouvrage Les révélations du rêve dans la littérature de langue espagnole, Travaux et Recherches 8, vient de paraître, sous la direction de Amadeo Lopez et Béatrice Ménard, aux Presses Universitaires de Paris Ouest. Il s’agit des actes du colloque du même nom, organisé par le GRELPP de l’Université de Paris Ouest Nanterre en mars 2010. Entre autres thématiques, il regroupe des réflexions sur le rêve et la psychanalyse, s’interroge sur les rapports entre rêve et fiction, rêve et narration, rêve et théâtre, et offre une large place à l’exploration de la poétique du rêve, le tout dans la littérature espagnole et latino-américaine. Vous pouvez également y trouver mon article intitulé « Métaphores oniriques et révélations dans Soledades. Galerias. Otros poemas. d’Antonio Machado ».

Les révélations du rêve dans la littérature de langue espagnole, colloque

Le Centre de Recherches Ibériques et Ibéro-Américaines de l’Université de Paris Ouest Nanterre – La Défense organise du 25 au 27 mars un colloque international sur les révélations du rêve dans la littérature de langue espagnole. Le rêve sera étudié dans les différents genres littéraires, et des thèmes très divers  – allant de la psychanalyse à la poétique du rêve – seront abordés.

Je présente ici un bref résumé de ma communication (samedi 27 à 16h10), qui porte sur le premier recueil de l’écrivain espagnol Antonio Machado :

Métaphores oniriques et révélations dans Soledades. Galerías. Otros poemas d’Antonio Machado


Le premier recueil du jeune Antonio Machado, paru en 1907, construit de nombreux mondes oniriques : il est empli à la fois de récits de rêves nocturnes – allant des rêves idylliques aux cauchemars les plus sombres – et de rêveries diurnes. Ces mondes oniriques reflètent différentes quêtes qui caractérisent la poésie du premier Machado, à savoir la quête identitaire, la recherche d’un lieu à l’écart de la douleur, ou la quête d’une communication pleine avec l’univers. La difficulté principale pour le poète est celle de la mise en récit de ces rêves, précisément parce qu’en poésie elle ne saurait se présenter uniquement sous forme de récit. Le poète doit donc développer des stratégies d’écriture spécifiques à la mise en poésie de l’onirisme, parmi lesquelles des métaphores oniriques revenant de manière obsédante, des procédés stylistiques de transformation graduelle, de répétition, ou encore par la création de «synonymes oniriques». L’élaboration de ces structures oniriques conduit peu à peu à faire du rêve un vecteur de connaissance du monde, le rêve contaminant tout l’univers poétique, ainsi que les rapports de l’intériorité du poète avec l’extériorité. Enfin, dans un dernier niveau d’analyse, il apparaît que le rêve dans ce recueil est porteur d’une révélation mystique passant par la vision, et qu’il devient alors la condition même de la possibilité de l’écriture : le rêve devient rêve créateur, et s’il fait défaut la poésie n’est plus là que pour déplorer son absence.

Le programme complet et les informations pratiques sont consultables sur le site de l’université de Paris Ouest Nanterre – La Défense à cette adresse : http://www.u-paris10.fr/1267779545698/0/fiche___actualite/&RH=REC_MAN.

Illustration : Salvador Dali, El puente roto.