« Chants Orphiques et autres poèmes » de Dino Campana

1ère de couverture

Cher-e-s ami-e-s,

Je suis très heureuse et émue de vous annoncer la parution (en Points Poésie, et en bilingue) des « Chants Orphiques et autres poèmes » de Dino Campana, que nous avons traduits avec Christophe Mileschi.
Ce livre signifie beaucoup pour moi : j’en porte le rêve depuis plusieurs années, depuis que ma fascination pour la poésie de Campana m’a conduite à l’inclure dans mon corpus de thèse, et à commencer de le traduire.
Je rêvais d’un livre donnant à lire ses intenses « Chants Orphiques », mais aussi ses autres poèmes inédits en français.
Christophe Mileschi nourrissait de son côté le même projet, et avait déjà traduit une fois, il y a vingt ans, les « Chants Orphiques ».
Nous ne nous connaissions pas.
Nous nous sommes rencontrés, et avons décidé d’unir nos efforts ; cette collaboration s’est révélée passionnante, enrichissante, féconde.
Il a fallu deux ans encore pour tout traduire, et trouver un éditeur – nous souhaitions une édition de poche, afin que l’ouvrage fût financièrement accessible au plus grand nombre.
Ce rêve est maintenant réalité, et nous espérons de tout coeur que cette traduction sera, pour les lecteurs, une porte d’accès vers la poésie de Campana.
Cette poésie est extrême, foudroyante, hypnotique, elle possède un rythme inouï (fait de répétitions, d’absence de virgules, de syncopes, de tensions sans résolutions) ; sa lecture ne laisse pas indemne. La traduire a été pour moi le seul moyen de l’approcher au plus près : au lieu d’élucider sa fulgurance, tenter de la recréer dans ma langue, qui s’en est trouvée elle-même transformée.

Pour vous donner un aperçu, je transcris ici le premier paragraphe du poème en prose « La Nuit », qui ouvre les « Chants Orphiques » :

« Je me rappelle une vieille cité, rouge de murs et tours dressées, brûlée sur la plaine vaste dévastée dans l’Août torride, avec la lointaine fraîcheur de collines vertes et molles sur le fond. Arcs énormément vides de ponts sur le fleuve emmarécagé en maigres stagnations plombées : silhouettes noires de gitans mobiles et silencieuses sur la rive : parmi l’éblouissement lointain d’une cannaie lointaines formes nues d’adolescents et le profil et la barbe judaïque d’un vieillard : et tout à coup du milieu de l’eau morte les gitanes et un chant, du marécage aphone une nénie primordiale monotone et irritante : et du temps fut suspendu le cours. »

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