À flanc de monde s’enroulent les lianes, poème

Voici un poème publié en bilingue dans la revue Mula blanca (Mexique). J’en donne ici la version originale en français ainsi que la version espagnole de Laura Petrecca.

À flanc de monde s’enroulent des lianes

1.

Quand ils s’élancent et le tigre se plaît à la traque
il leur bondit parfois des ailes d’aigle
du jaune arraché au soleil

Et vers moi est son élan

Selon comme ils retombent
l’aigle le tigre ou le daim souffle le dernier
puis va boire
 
C’est alors que l’horloge indique une heure

2.

Encore un dimanche passé à aiguiser pour rien tous les couteaux de la maison

Il n’y aurait pas de sacrifice du daim
tout juste une face au soleil
et l’oubli de l’odeur du salpêtre crachée par les vieux murs

Aucun animal ne parlait plus

Leur rite réciproque s’étirait en altitude

Au plus proche d’une eau lente, d’une onde incontrôlée
aucun des deux n’était mon intention

3.

Tous les animaux à l’affût
presque immobiles dans les largeurs de la chambre

Entre les deux plus un tissu à exaspérer
plus une feuille noire, plus d’air

Ils maintiennent entre leurs corps salés
ce qui va leur échapper

Une perspective incomplète
les réduit et les figure
en charrois et coursiers
en contrées sous la chaleur
à présent plus douce et perdue

Par des chemins d’égale langueur
leurs mains s’ouvrent comme des aloès
se tendent comme des lianes

Alors elle quémande
d’une mi-voix qui supplie et qui toise
finis-moi, finis-moi, finis-moi
 

 
 

 
En la ladera del mundo se anudan las lianas

1.

Cuando se arrojan y el tigre se entrega a la caza
les brotan alas de águila
amarillo que arrancan al sol

Y hacia mí se lanza

Y al caer
el águila el tigre o el gamo respira por último
y va a beber
 
Es entonces cuando el reloj indica una hora

 

2.

Otro domingo perdido afilando en vano todos los cuchillos de la casa

No habrá sacrificio del gamo
apenas una cara al sol
y el olvido del olor a salitre que las viejas paredes escupen

Ya ningún animal hablaba

Su rito recíproco se estiraba en altura

Cada vez más cerca de un agua lenta, de un oleaje descontrolado
Ninguno de los dos fue mi intención

 

3.

Casi inmóviles en la amplia estancia
al acecho los animales

Entre ambos ya no hay tela por exasperar
ni oscuras hojas, ni aire

Sostienen entre sus cuerpos salinos
algo que va a escaparse

Una perspectiva incompleta
los reduce y los figura
en carretas y corceles
en comarcas de un calor
dulce y disipado

Sus manos se abren como la savia
como lianas se tensan
por lánguidos e idénticos caminos

Entonces ella insiste
a media voz que suplica y siega
acábame acábame acábame

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s