Traduction de deux poèmes de Robert Monat

Voici deux poèmes du poète Allemand Robert Monat, que j’ai traduits en collaboration avec Bastian Schneider. Ils sont publiés dans le numéro 4 de la revue À verse.

 

¤

 

Wer überall sein will, ist nirgends.

Michel de Montaigne

1 Nähe, greifbar

an die Seite gestellte

Passagiere Passanten

Flankengestalten, die,

solange nichts in den Abläufen

stockt, solange der Kasten, der

sie zusammen zwängt, wie

üblich verkehrt, ihrer Geschichte

nicht ausgesetzt sind und ausharren,

als hielten sie den Grundton

der Bewegung nach, gemeinsam.

 

2 die Kodierung verknüpft

im Fahrtenschreiber unbeteiligt

die Liegenschaften, den Halt, die Umschlagstationen,

die nur die Richtungen der Gleise ausweisen

in der Aussicht Verwaschenes

Ortsmerkmale, wie aufgestellt,

Rückansichten der Stadtkulissen,

auf beiden Seiten der Scheibe

Irritationen, Bedenken um Bestand

im Moment des Vorüber und

Ferne.

 

3. bei dir. Sagst

Hiersein ist Atmung

und dennoch

bleiben wir

fluchtversucht

 

 

C’est n’être en aucun lieu que d’être partout.

Michel de Montaigne

 

1 Proximité, tangible

mis de côté

passagers passants

silhouettes vues de flanc, qui

tant que rien dans les enchaînements

ne s’immobilise, tant que la cage qui

tous les enserre, comme

toujours circule, ils ne sont pas exposés

à leur histoire et persévèrent,

comme s’ils gardaient la fondamentale

selon le mouvement, ensemble.

 

2 Le codage dans

le tachygraphe relie, indifférent,

les biens fonciers, l’arrêt, les correspondances

qui montrent seulement la direction des rails

dans la vue du délavé

les traits du lieu, comme installés,

vues de dos des coulisses urbaines,

de part et d’autre de la vitre

irritations, doutes sur la permanence

à l’instant devenant passé et

distance.

 

3 chez toi. Tu dis

être ici est respiration

et pourtant

nous restons

tentés par la fuite.

¤

 

 

e l e n d s o r t ,

dass noch licht auf dir liegt,

land dich umrahmt und vergräbt wie verschweigt, ist zynisch,

ein geharkter himmel dich lüftet ein gemilderter zug,

in deinem schutt, deinen mehr gräben als straßen,

deinen baufälligkeiten und ihrer verschwundenenstille.

 

das rührt nicht an dir,

stoisch erträgst du die geblähten häute, die sich in dir hissen,

die ausgezehrten, die ansässigen, das rollen der augen hier,

die ausgebrannten dachstühle, den vorlauf der verwitterung gegenüber

dem verstreichen der zeit.

 

solange wirst du bedeckt,

mit salz oder kalk, also erhalten, der tröstende zustand

der dich benennt und vertröstet er nicht, wirst du gennant,

– eine ausflucht, ein ausweichen zugedeckt und damit: d i e  e l e n d e n.

 

 

 

l i e u  d e  m i s è r e

la lumière te couvre encore

la terre t’encadre, t’ensevelit et te cache, c’est cynique,

un ciel ratissé t’aère, c’est un souffle plus doux,

dans tes décombres, les fossés de tes rues,

dans tes délabrements et leur silence de disparus.

 

cela ne t’affecte pas,

stoïque tu supportes les peaux enflées, qui se hissent en toi,

les amaigris, les riverains, le roulement des yeux ici, les combles brûlés,

la course de l’érosion face au cours du temps.

 

tant que tu seras recouvert,

de sel ou de chaux, sera conservée, la consolation

qui te désigne, et si elle ne tarde pas, tu seras nommé,

– une échappatoire, une esquive cachée, donc : l e s  m i s é r a b l e s.

 


Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s