Traduction de deux poèmes de Nicolas Folch Maas

Voici deux textes du poète chilien Nicolas Folch Maas et leurs traductions de l’espagnol, que j’ai réalisées en collaboration avec l’auteur. Ces poèmes sont publiés dans le numéro 5 de la revue À verse.

 

 

Vuelta y vuelta


Cápsulas multicolores para maquillar la nariz

Y nos balanceábamos como el polvo

Al costado de un río despreciado

Al lado de un disco rayado rayado.


Un regreso tenso, agotador y tristemente necesario.

Madre mutilada por Dios

un largo bostezo de tarde.

 

Perros en las ventanas que nos ladraban

y echaban de casa cada fin de semana

enajenados y sin rumbo,

sobre todo sin rumbo.


Distantes, fieles a nosotros mismos y a nuestros pensamientos ahumados:

Trinidad criminal bajo atardeceres atómicos.

 

Esperábamos las micros de regreso

Con los músculos hechos mierda

Y un poco de ropa nos indicaba nuestras sombras.

 


Tourne et retourne


Des capsules multicolores  pour maquiller le nez

On se balançait comme de la poussière

Au bord d’un fleuve malfamé

À côté d’un disque rayé rayé rayé.


Un retour tendu, épuisant et tristement nécessaire.

Mère par Dieu mutilée

Un long bâillement  de fin d’après-midi.

 

Aux fenêtres, des chiens qui aboyaient

Et nous jetaient dehors chaque week-end

Hors de nous et sans but,

Surtout sans but.


Distants, fidèles à nous-mêmes et à nos pensées enfumées :

Trinité criminelle sous des crépuscules atomiques.

 

On attendait le bus du retour

Avec les muscles déglingués

Et quelques vêtements nous signalaient nos ombres.

 


Sobreexposición


Vi la marea incandescente

devorar la tierra adormecida

y las patas de las bestias sepultarse

bajo los estacionamientos:

Manera de abandono.

Me fijé en la hora

que dio a luz mi cuerpo

al medio de esta pieza

en la que el cenicero humea.

 

Surexposition


J’ai vu la marée incandescente

Dévorer la terre assoupie

Et les pattes des bêtes s’ensevelir

Sous les parkings :

Manière d’abandon.

J’ai remarqué l’heure

Qui fit voir le jour à mon corps

Au milieu de cette chambre

Où fume encore le cendrier.

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