Traduction de trois poèmes de Bastian Schneider

Voici trois poèmes originaux d’un auteur et ami allemand, Bastian Schneider, ainsi que leurs traductions. J’ai traduit ces textes pour le numéro 1 de la revue À verse, où ils sont publiés. Nous avons, avec Bastian, effectué un véritable travail à quatre mains, lui éclaircissant mes doutes sur telles nuances sémantiques ou tel choix syntaxique, et moi tentant de rendre justice dans ma langue de la beauté de la sienne. Cette collaboration passionnante s’est ensuite répétée pour d’autres textes, qui viendront peu à peu prendre place sur ce blog, dans la section Écriture (puisque, comme chacun sait, traduire n’est rien qu’une autre forme d’écriture).

 
 

urnenblüte

 

am ende aller gleise

ein ort aus abwesenheit.

das augensalz hängen geblieben

im fahrtwind.

in die riesige stadt

an deren mauern

die klagen zerschellen.

mit dem letzten laub im gepäck

um einlaß zu erzählen.
 

am ende aller zeilen dann:

ein wort

wie abschied vom ungelebten.
 

la fleur d’ urne
 

à la fin de toutes les voies

un lieu d’absence.

le sel des yeux est suspendu

dans la course du vent

dans la ville immense

les plaintes se brisent

sur les murs.

pour bagage, les dernières feuilles

afin de raconter l’entrée.
 

à la fin de toutes les lignes

un mot

un adieu à une vie non vécue.

 
 

morgens noch

 

wenn die brüder sich küßten

und hinter verschlossener hand

ein paar worte sagten

wie fallendes laub

so konnte ich schlafen

in ihrem schatten.

 

wie flatternde vögel

stieben die lagerfeuerflammen

zur nacht und trafen sich

mit geflüstertem

hinter meinen lidern.

 

morgens noch

dampfte die asche

und flog erstem wind

nach mit zweidrei bildern

auf und davon

und über die köpfe

der schlafenden brüder

 

au matin encore

 

quand les frères s’embrassaient

et derrière leurs mains refermées

disaient quelques mots

comme tombent les feuilles

alors je pouvais dormir

dans leur ombre.

 

comme flottent les oiseaux

les flammes du feu de camp

s’étiraient

vers la nuit, puis  se retrouvaient

dans un chuchotement

sous mes paupières.

 
au matin encore

la cendre fumait

et s’envolait à la première brise

avec deux trois images

de-ci de-là

et sur les têtes

des frères endormis.

 
 

in frieden

 
die toten in meiner lunge

sind ohne hast und sorgen.

sie reichen einander die hand

und singen am wind vorbei.

 
ihre kleider sind weiß

vor dem abgrund.

sie legen sich nieder

zu einem großen lächeln.

 
mein atem wird leichter,

ein sanftes beben hebt meine brust.

wie ziehen die wolken

durch mich hindurch.

 
en paix

 
les morts dans mes poumons

sont sans hâte et sans soucis

ils se tiennent par la main

et chantent par-delà le vent.

 

leurs robes sont blanches

au bord du gouffre

ils se couchent

en un grand sourire.

 

mon souffle a la belle vie

une élévation tranquille.

comme les nuages passent

à travers moi.

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