Un peu d’art tchèque…

Un petit bout d’art tchèque. Pour regarder un moment vers l’Est. Et aussi parce que souvent nous ne le connaissons pas, ce qui était mon cas avant d’aller, il y a deux jours, voir une exposition d’art tchèque à Prague. Je ne prétendrais en aucun cas en connaître quoi que ce soit suite à cette visite, mais la découverte d’artistes dont je n’avais jamais entendu parler, avec leur langage à la fois étonnamment lointain et proche de nous, me pousse à livrer quelques impressions et surtout quelques toiles ici. On l’aura compris, ce post n’est pas un post critique, il a pour but de faire partager une intense découverte.

L’exposition s’intitule Years in Days, Czech Art 1945-1957 et propose une rétrospective à la fois chronologique et thématique de l’art tchèque durant cette période qui couvre l’immédiat après-guerre et presque 10 ans de communisme, la date charnière étant bien entendu celle de 1948.

Au fil de l’exposition, les artistes passent et repassent, ce qui permet d’appréhender l’évolution de leur peinture qui au début est porteuse d’une certaine douleur, d’une certaine désillusion d’après-guerre. Le thème de la conversation, ou du rapport difficile entre les êtres y est très présent (en particulier un très belle toile de Vácalv Chad intitulée Wartime conversation, dont je n’ai pas pu retrouver la reproduction sur internet).

 

Libor Fara, Two Faces, 1945

 
Puis, au fil des années, après une période où presque tous les artistes touchent au cubisme, leur peinture se transforme pour certains en une sorte de surréalisme, ou plutôt de post-surréalisme. On y sent souvent une nouvelle désillusion, due cette fois au régime en place, comme dans les toiles de Mikulás Medek, dont la découverte m’a profondément bouleversée. Ses personnages sont souvent effilés, maigres ; une femme à la silhouette aiguisée et à la peau rouge revient d’un tableau à l’autre et hante le spectateur.

 

Mikulas Medek, Sensitive Action I - Eye


 

Mikulas Medek, Cranachian Superlyricism

 
D’autres tableaux semblent dire la douleur du silence et de la privation de liberté, ainsi que le climat de peur qui règne, le tout teinté d’onirisme, comme l’atteste toute la magnifique salle « Imagination and Fear », dont voici quelques exemples qui m’ont particulièrement marquée :

 

Stanislav Podhrazsky, Imagination of Fear - A Cat, 1949


 

Mikulas Medek, Noise of the Silence

 
Puis la salle sur la mort témoigne parfois de l’expérience des camps ou d’autres atrocités, accueillant ainsi de nombreuses toiles de Alén Divis, à l’inspiration très sombre. Bien d’autres artistes m’ont interpellée au cours de cette exposition : parmi eux le photographe plus connu Josef Sudek, les peintres Josef Istler et Václav Tikal, ou encore, une des rares femmes de l’exposition, Olga Cechova. Pour certains, leur nom ne suffira pas à qui voudrait se faire une petite idée de leur œuvre, puisqu’on ne trouve qu’assez peu de reproductions ou d’informations sur eux sur internet…à quand une exposition d’art tchèque à Paris ?

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