Exposition “Zufallstreffer” – Berlin

Aurélien Tristan Bonnetain, Zufallstreffer

L’exposition Zufallstreffer, qui aura lieu à Berlin les 24 et 25 février 2012 au Kunstraum Kreuzberg/ Bethanien (Studio I) présente les 10 dessins d’un ami, Aurélien Tristan Bonnetain. À chaque dessin il a voulu que réponde un texte écrit  par un auteur différent. J’ai donc écrit un micro-récit qui sera exposé aux côtés du dessin qui l’a fait naître (le dessin comme le texte seront mis en ligne ici après l’exposition).
Les textes seront publiés par eriginals berlin et seront disponibles à partir du 24 février 2012 au format E-book. Lors du vernissage de l’exposition aura lieu une lecture de tous les textes.

 
 
Ci-dessous une description en allemand du projet, tirée du site de Mathilda Gold :

Zufallstreffer – Aurélien Tristan Bonnetain und die Geschichtenerzähler

Die Ausstellung Zufallstreffer – Aurélien Tristan Bonnetain und die Geschichtenerzähler zeigt Zeichnungen des in Berlin lebenden französischen Künstlers Aurélien Tristan Bonnetain und Texte internationaler Geschichtenerzähler. Bonnetain beschäftigt sich in seinen Zeichnungen mit der Zufälligkeit der Linie und der Entstehung von Geschichten. Die Geschichtenerzähler setzen sich ihrerseits mit dem Deutungsschatz seiner Arbeiten auseinander. Das Gemeinschaftsprojekt wird erstmals im Kunstraum Kreuzberg/ Bethanien in Berlin ausgestellt.
Die kleinformatigen, zweidimensionalen Arbeiten, die auf postkartengroße Notizblätter

Aurélien Tristan Bonnetain, Zufallstreffer

entstehen, führen über die Linie zur Fläche. Sie sind ein Experimentierfeld der Gedanken. Die lyrischen, zufälligen und naiven Zeichnungsprozesse des Künstlers laden zum Träumen und Geschichtenerzählen ein. Die Geschichte in der Zeichnung ist von der Zufälligkeit der Linie, der Form und deren Verhältnis zueinander geprägt. Während Bonnetain eine so entstehende Geschichte auf dem Papier erzählt, bleibt deren Ausgang bis zum Ende offen. Er erlaubt dem Geschichtenerzähler seiner Phantasie freien Lauf zu lassen und eine mögliche von vielen vorstellbaren Geschichten zu formulieren.

Das Dargestellte ist symbolisch oder figurativ – eine Illustration von gegensätzlichen Elementen, von verlorenen Figuren, die sich irgendwann in anderen Formen oder Landschaften willkürlich wiederfinden. Miniaturhafte Riesen, verstrickte Körper, Pseudophalli, fliegende Vaginas, Knochen, Krücken und Kolumnen, Labyrinthe, Monstren, unmenschliche und dekorative Formen führen den Betrachter durch eine verträumt konstruierte Welt. Er verliert sich darin – wandert, balanciert, fällt, springt und begibt sich in kuriose Situationen. Bonnetains Zeichnungen sind von fernen Reisen und Mythen, von Momentaufnahmen und Gesprächen, von Filmen, Bildern und Zitaten inspiriert. Sie handeln von dem, was in seinem Kopf oder seinen Fingerspitzen geschieht. Sie beanspruchen keine allgemeingültige Geschichte für sich und warten darauf von Geschichtenerzählern weitergeführt zu werden.

Die Ausstellung Zufallstreffer – Aurélien Tristan Bonnetain und die Geschichtenerzähler ist am 24. und 25. Februar 2012 im Kunstraum Kreuzberg/ Bethanien (Studio I) zu sehen.

Die Kurzgeschichten werden bei eriginals berlin publiziert und sind ab dem 24. Februar 2012 über den Verlag als E-Book erhältlich.

Teilnehmende Schriftsteller: Boris Hillen, Tobias O. Meißner, Romain Delange, Irène Gayraud, Irina Predo, Clément Labail, Johannes Lotze, Christian Wöllecke, Thomas Köck, Mazen Maarouf, Dalan Badak
 
Projektleitung: Vivi Kallinikou, Alime Gümüs
Projektassistenz: Eszter Légrády
Pressereferenz: Annika Hirsekorn

Parution de “Dérives”, hors-série de la revue A verse

Il y a quelques jours est paru le numéro Dérives, tout premier hors-série de la revue À verse. Ce numéro est construit autour du thème ouvert de la dérive, et réunit des textes d’auteurs Français et Québecois.

Vous pouvez y retrouver deux de mes micro-récits : Le matin, elle avait d’abord entendu sa voix, et Elle lui tournait le dos…. Bonne lecture !

Le corps franchit, poème

Voici un poème écrit pour une collaboration avec la compositrice Helena Winkelman dans le cadre du festival Zeitkunst. Ce texte est donc fait pour être lu avec la musique, l’oeuvre ainsi créée étant une sorte de petit mélodrame. Il a été publié dans le volume paru à l’occasion du festival.

Le corps franchit

 

Dehors le vent rouge crisse dans les arbres

miroite des branches à facettes

et bouge…………

 

 

Elle ne le sait pas

 

Terrassée d’épuisement

elle dort – abattue sur le sol

 

La fièvre monte

emprisonne son corps

qui       peu à peu                    se détache                               d’elle

 

 

Il repose là-haut sur une stèle de pierre

suspendue dans le vide

comme pour un sacrifice

un rite de mort.

 

Bouger.

Bouger.

Bouger ce corps.

Avant de basculer dans le rien.

Elle est presque de l’autre côté.

Et son corps toujours sur la stèle de pierre.

Le bouger.

Le bouger maintenant.

Seule sa gorge crie de terreur.

Et du noir partout.

Un noir sans bornes.

Elle se débat sur son lit de terre noire.

Yeux fendus visage déformé.

Mais le corps toujours gît sur la dalle.

 

Immobile.

 

 

Des voix soudain, comme venant d’un autre monde obscur

la retiennent au bord

du noir qui déjà l’avale

 

Tout s’efface et s’éteint

comme un écran se court-circuite

                                           et diffuse un grand flou

                                                            de petits points           noirs    et                    blancs

Intervention sur Radio Aligre (poésie/musique)

Dans le cadre du festival Zeitkunst, je suis intervenue le lundi 28 novembre dans l’émission de musique contemporaine Dissonances animée par Bernard Girard sur Radio Aligre.

Le début de l’émission est consacré à deux autres artistes du festival ; mon intervention, qui porte sur le travail liant poésie et musique (collaboration avec Helena Winkelman et Luis Codera Puzo), commence un peu après la moitié du programme.

Voici le lien pour l’écouter : http://www.bernardgirard.com/Son/ParisBerlin128k.mp3

Parution du volume Zeitkunst

Dans le cadre du festival de littérature et de musique contemporaines Zeitkunst vient de paraître le recueil du même nom qui rassemble tous les textes des auteurs invités du festival. Il est édité par Johannes Frank & Aurélie Maurin aux Éditions Polyphon (Verlagshaus J. Frank | Berlin.) Vous pouvez y lire mon poème Le corps franchit, mis en musique pour le festival par la compositrice Helena Winkelman (à découvrir le 26 novembre à Paris au Centre Pompidou, voir post précédent). Bonne lecture !

Zeitkunst – Festival

Ce mois de novembre à Berlin (12-13 novembre, Radialsystem) puis Paris (25-26 novembre, Centre Pompidou) se tiendra le festival pluridisciplinaire Zeitkunst qui met en scène littérature et musique contemporaines. Sept compositeurs ont travaillé avec 14 écrivains : les pièces nées de ces collaborations seront créées dans les capitales allemande et française, parmi d’autres oeuvres de musique contemporaine. Vous pourrez entendre lors de ces concerts une pièce composée par Helena Winkelman à partir de mon poème Le corps franchit, pour quatuor à cordes, flûte, clarinette et harpe, qui sera accompagnée de ma lecture. Voici les liens pour les programmes des concerts et autres tables rondes qui se tiendront sur deux jours dans les deux villes, venez nombreux nous écouter !

Programme Berlin

Radialsystem, Berlin

 

 

 

 

 

 

 

Programme Paris

Centre Pompidou, Paris

Toujours à cette heure où plus personne dans les rues…, micro-récit

Ce micro-récit a été publié dans le numéro 6 de la revue À verse.

Toujours à cette heure où plus personne dans les rues, les cheveux du barman se confondent à la pâle couleur des murs.

Heure où il doit les rejoindre. Ce soir, chez Phillies. Pas droit à l’erreur.

Déjà il est au seuil du triangle de lumière lancé par les néons…mais perçante, échauffée à travers les vitres, la robe est rouge ! Ce ne sera pas pour ce soir.

Au geste souple de sa main, il devine le ton naturel qu’elle parvient à garder : simple couple d’amoureux sortis prendre un verre. L’inconnu au chapeau beige, de l’autre côté du bar, ne se doutera de rien.

Depuis qu’elle marche dans les ruelles…, micro-récit

Ce micro-récit a été publié dans le numéro 6 de la revue À verse.

 

Depuis qu’elle marche dans les ruelles, tous ces moignons sans fins, ces recoins, sont comme autant de déjà-vus moqueurs. Le Moyen-Âge rigole humide au centre du pavé. Elle avance toujours ; du linge au passage s’égoutte sur sa tête, et forme des flaques sous les fenêtres qui ricanent.

 

Le lieu caché aura cette fois encore une forme nouvelle.

Lorsqu’elle l’atteint, le clocher ruiné s’arrache lentement de l’église…Les arcades se détachent du gris, la roche fluide fait silence et place. Elle adhère au sommet, timide majesté, la ronde immobile.

 

Avant de s’en retourner, elle cache la lune dans le beffroi.